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Dubai en faillite? PDF Imprimer Envoyer
News - Dernières infos

Les marchés d'actions semblent ébranlés par des spéculations autour de faillites éventuelles de grandes sociétés à Dubaï, du fait d'une demande de l'émirat de repousser le remboursement de ses obligations à 6 mois (mai 2010). Tous les médias y vont de leurs interprétations et annoncent une nouvelle crise qui partira cette fois-ci de Dubai.

Au lieu de se baser sur un jugement subjectif et définitif, il est important d'analyser les causes du report, l'impact réel sur l'économie de Dubai et mondial.

Dubai, un émirat en faillite?


Certes le titre à de quoi faire vibrer et captiver le lecteur, néanmoins cette hypothèse semble plus une fiction qu'une réalité.

La capitale des Emirats Arabes Unis, l'un des états les plus riches au monde

Dubai est un émirat faisant parti des Emirats Arabes Unis dont la capitale est Abou Dhabi, comme la Californie est un état faisant partie des Etats-Unis. Ainsi, Abou Dhabi et Dubai sont totalement liés d'ailleurs le président des Emirats Arabes Unis est le Sheikh d'Abou Dhabi. Le premier ministre n'est autre que le Sheikh de Dubai. Il est peut être nécessaire de rappeler que Abou Dhabi est un des états les plus riche du monde, disposant de très grandes ressources pétrolières et de la première réserve de devise mondiale.

Dans ce cas, il est difficile d'envisager qu'Abou Dhabi laisse tomber Dubai, d'ailleurs Abou Dhabi a déjà injecté plusieurs milliards de dollars à Dubai, 5 milliards de dollars le 26 novembre 2009 et prévoit encore d'en injecter dans les mois à venir. L'émirat a déjà annoncé son intention il y a plusieurs mois de se consacrer totalement au développement des Emirats Arabes Unis et par conséquent de ralentir ses investissements sur les marchés internationaux.

Outre Abou Dhabi de nombreux pays de la région ne semblent pas enclin à laisser tomber Dubai, si l'émirat avait de réelles difficultés financières. Parmi ces pays, l'Arabie Saoudite, le Qatar...

Dubai, des investissements massifs dans les infrastructures et une exposition sur les marchés internationaux


Concernant Dubai, beaucoup pointe du doigt la dette certes élevée de 60 milliards de dollars, néanmoins étant donné le développement important de l'émirat durant la dernière décennie, de nombreux chantiers ambitieux ont été lancés, de nombreux ont abouti (réseau de transport, métro, télécommunication, port, grandes tour dont le Burj Dubai, la palme Jumeirah, The World...) et de nombreux sont toujours en cours et dans les temps. En tant que telle la dette est liée à de nombreux investissements pour développer le pays, et non le résultat d'une mauvaise gestion.

Néanmoins l'impact de la crise a été important notamment sur le conglomérat public concerné,
Dubai World (hors l'activité portuaire qui est bénéficiaire) du fait de son exposition sur les marchés internationaux du fait d'investissements massif dans de nombreuses sociétés internationales qui ont payé un lourd tribu durant la crise.

Les conséquences de la crise


L'émirat sort de la crise et table sur
5% de croissance cette année, néanmoins la crise financière a eu un impact sur la croissance, ainsi après un an de crise, nous sommes aujourd'hui à l'heure des comptes dont les résultats sont marqués par le ralentissement économique mondiale. Au lieu de jouer la politique de l'autruche pour rassurer les marchés financiers, Dubai a préféré se laisser le temps de réorganiser les actifs de son conglomérat Dubai World en demandant le rééchelonnement de sa dette à 6 mois afin de sortir de manière durable de cette crise et d'en sortir plus fort.

La décision certes à eu un impact sur les marchés mondiaux à nuancer néanmoins comme le souligne Marc Touati, économiste chez Global Equities (voir article ci-dessous), car fruit de l'incertitude qui règne en permanence sur les marchés et lié plus aux désengagements de gros investisseurs jouant la baisse afin de récupérer les 6 mois de profits qu'ils viennent d'engranger.

Les conséquences au niveau de l'économie de l'émirat seront donc faibles, et pourront même s'avérer intéressantes pour les investisseurs du fait de la restructuration de sociétés, le rapatriement de capitaux vers Dubai, qui permettront en plus d'éponger la dette de renforcer Dubai et de lui permettre d'être plus protégé contre des crises futurs.


Témoignage de Dubai


Vivant à Dubai, la période actuelle est particulièrement intéressante avec un
taux d'occupation maximum dans les hôtels, des arrivées de touristes en nette hausse et une évolution importante du nombre de transactions immobilières depuis 4 mois. Donc les affolements sur les marchés mondiaux ne caractérisent pas du tout la réalité sur place.

Si vous avez l'occasion de vous rendre à Dubai, vous vous en rendrez rapidement compte par vous même.

N'hésitez pas à nous contacter via email Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou par téléphone au +971-556-119-207 pour un complément d'information.

Interview de Marc Touati, les marchés d'actions manipulés

« Après six mois de hausse, l'heure est aux prises de bénéfices, explique l'économiste dans un entretien à Tradingsat.com, et Dubaï est une excuse qui en vaut une autre ». Avant-hier, le conglomérat Dubaï World et sa filiale de promotion immobilière Nakheel ont demandé le rééchelonnement de leur dette pour une durée d'au moins six mois. D'abord imperturbables, les marchés d'actions européens ont tous lourdement chuté, les principaux indices de référence de la zone terminant la séance d'hier en baisse de plus de 3 %. A Paris, le CAC 40 a perdu 3,4 %. « Wall Street était fermé pour Thanksgiving, reprend Marc Touati. Dans un marché aussi peu animé, il a suffi que quelques fonds aillent dans le même sens pour que la baisse s'emballe ». Selon lui, « on cherche à se faire peur, mais les craintes ne sont pas vraiment justifiées. Tout d'abord parce que les autres émirats arabes unis ne lâcheront pas Dubaï. Et puis il ne faut pas oublier que le PIB de Dubaï ne représente que 0,7 % du PIB mondial... Il faut raison garder ! ».

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